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lundi 20 février 2012

Les 13 renoncements indispensables à ceux qui veulent progresser dans la voie du guerrier.

Les 13 renoncements indispensables à ceux qui veulent progresser dans la voie du guerrier.

Supposons que vous soyez décidé à créer la condition mentale et physique qu'il faut pour que l'Eveil vienne. Je vous suggère de prendre les " renoncements " comme un défi à vous-même et de gagner. C'est une sorte de " guerre " intérieure (le mot est plus juste que " lutte ").
Ne croyez pas pouvoir les appliquer du premier coup, mais d'échec en échec, de prise de conscience en prise de conscience, vous finirez pas vous mettre dans l'état de propreté morale où l'Eveil pourra éclore.
Les malentendus sur ces 35 " renoncements " (en 13 catégories) sont fréquents. D'ordinaire on les discute en Groupes de Chercheurs, mais je vais me risquer à commenter les malentendus les plus fréquents.
Voici ce qu'il ne faut plus faire si vous aspirez à l'Eveil.

1. Ne plus " mentir ".
Il est rare de mentir consciemment. Mais on " ment " sans cesse aux autres et surtout à soi même… sauf sur son lit de mort. Entendons-nous bien, il n'est pas question de dire des vérités qui blesseront ou qui provoqueront des drames. Il faut apprendre à jouer sur les mots (cela devient vite très amusant). Il y a aussi des façons d'esquiver les problèmes, par exemple en posant une question à toute question. On peut aussi se taire habilement. Mais ce ne sont que des façons préparatoires pour éliminer le mensonge. L'idéal, comme en Art Martial pour le combat, est de " faire ce qu'il faut " pour ne jamais se trouver dans une situation où l'on sera contraint de devoir mentir ou de dire une vérité qui blesse il y a de nombreuses Histoires de Sagesse sur cette question.

2. Ne plus " jouer ".
Là aussi je suis souvent navré de voir que l'on comprend mal cette condition. Par " jouer " on entend " jouer un rôle " et " déconner ".
C'est aussi ce qui fait plaisir sur le moment, mais qui va bloquer dans l'avenir, une régression négative telle que s'amuser pour s'étourdir (drogue naturelle, nous plongeant encore plus dans le " sommeil "). Normalement, un " Eveillé " n'a plus à jouer pour " passer le temps " ; mais " ne plus jouer " ne signifie pas cesser de jouer pour se dépenser physiquement, pour exercer sa précision ou son intuition, ou pour le plaisir de retrouver momentanément la spontanéité de son enfance (régression positive). Les Maîtres sont très gais et très drôles : il n'y a aucune raison de " tuer " l'enfant qui est en nous. Au contraire, l'idéal est de retrouver l'innocence et la pureté de notre enfance, car en nous existent trois " personnes " : l'enfant qui nous étions et que nous sommes encore, le parent lorsque nous imitons l'un de nos parents, l'adulte dans les rares cas sérieux.

3. Ne pas chercher à connaître le " jardin secret " des autres.
La curiosité est très positive, mais il y a des curiosités dites " malsaines ". Par exemple, on me pose souvent des questions indiscrètes sur les défauts de certains Maîtres célèbres. C'est un très mauvais signe d'éveil. Qu'importe le travers des Maîtres, c'est ce qu'ils ont enseigné de positif qui compte. Si l'on renonce à ce genre de " curiosité " sans intérêt (malsaine même) on arrivera au stade où l'on aura une certaine répulsion à voir "par le trou de la serrure" les feuilletons TV où des acteurs se disputent, intriguent, pour toujours les trois même raisons : la position dominante, le cul, le fric… comme au Zoo, section des singes (le fric, pour eux, étant les "caouettes"). Mais il peut être utile de voir quels jardins secrets certains croient cacher, comme lors des débats politiques où sont courants les non dits, langues de bois, mensonges et oppositions systématiques.

4. Ne pas parler d'Arts Martiaux, ni de " Recherche d'Eveil ".
Classiquement on doit être tellement discret que tout le monde doit ignorer que vous pratiquer un Art Martial ou que vous aspirez à vous " éveiller ". Les raisons sont multiples. Même " bavarder " sur ces sujets avec vos amis de " Recherche " n'est pas conseillé, ces bavardages sont comparables à parler de " lumière " et de " couleur " entre aveugles de naissance et il y a un risque de développer les " pièges d'illusion ". Lorsque vous n'aurez plus envie de parler de Recherche, d'Eveil, de Sagesse ou d'Art Martial… ce sera un bon signe d'évolution. Vous serez probablement dans l'Eveil sans vous en rendre compte. Car, ce qui est amusant, c'est que s'il existe de nombreux Hommes qui ignorent être dans un état hypnotique léger, " absents ", il existe aussi des " Eveillés " qui s'ignorent. C'est vous dire combien il est délicat de juger les autres, d'autant qu'il y a des niveaux d'Eveil. Buddha était un… 10e Dan d'Eveil, l'Eveil suprême…mais il y a aussi les 1er Dan et même les 6e Kyu.

5. Ne pas parler de politique, de guerres et d' " injustice ".
Rien de tel que la politique pour se disputer entre amis et considérer que les autres sont des " cons ". Or, lors des élections, partout dans le monde " démocratique ", on arrive toujours à peu de chose près à 50/50 des voix pour et contre. Il y a comme un défaut quelque part, non ?
Les guerres et les conflits armés ont toujours une base d'intérêts personnels derrière une façade d'honneur patrie etc.
Quant à justice-injustice ce sont des choses très relatives (tout dépend de la période : vous êtes décorés si vous tuez en temps de guerre, vous êtes condamnés à mort si vous tuez en temps de paix…), et subjectives (" toujours plus " et " jamais assez "). De toutes façons, reconnaissons qu'en parler ne changera en rien le cours des choses… Ce sont ceux qui ont le pouvoir qui décident.

6. Ne pas parler de choses " ménagères " :
Toilettes, vêtements, beauté, âge. Comme dit le dicton : " les goûts et les couleurs ne se discutent pas ". Ces renoncements datant de nombreux siècles, vous noterez qu'il n'est pas dit " ne pas téléphoner plus de 2 minutes ", mais vous devriez vous y exercer. C'est un temps largement suffisant pour dire l'essentiel… si l'on ne s'engage pas dans les états d'âme. La plupart des Maîtres refusent les conversations au téléphone ou sont très brefs " parce que l'on y dit ce que l'on ne dirait pas les yeux dans les yeux ". C'est tout dire.

7.Ne pas parler de soi, de son passé, de ses goûts personnels, de ses aïeux, de ses parents, de son origine, pays, ville, race, religion, de différence de sexe ni de sexualité… (*)
C'est cruel de le constater : rares sont ceux qui s'intéressent à vous (" le cimetière est plein d'hommes qui se croyaient indispensables et intéressants "). Et même, leur faux intérêt n'a souvent pour but que de vous mettre en condition pour qu'ils parlent d'eux. Ce n'est même pas pour jouer au ping-pong d'idées. Faites cette expérience significative par jeu (encore un " bon " jeu) : si vous avez commencé une longue explication, arrêtez vous à la fin d'une phrase si votre interlocuteur tousse, détourne le regarde, baille ou autre… il est rare qu'il se rende compte que vous n'avez pas fini votre " histoire " ou de donner votre " avis ", et il se mettra aussitôt à parler. La vérité est que, lorsque vous parliez, vous l'empêchiez de parler.
En règle général, il faut arriver à ne parler que lorsqu'on vous a posé plusieurs fois des questions précises. Et même dans ce cas il est toujours intéressant de répondre par une question, ou de poser les mêmes questions à votre interlocuteur, en lui demandant ce qu'il répondrait et en lui donnant (surtout) l'impression que c'est lui le plus important et que vous êtes " insignifiant " ou " médiocre " (bien entendu, suggestion à ne pas appliquer dans un entretien d'embauche ou de boulot…)

8. Ne pas critiquer ni juger.
Cette condition primordiale, particulièrement importante dans le domaine des Arts Martiaux, va être difficile à respecter, car en jugeant et en critiquant les autres, on se sent à bon compte et artificiellement " supérieur ". L'ennui est qu'en trichant ainsi, on ne peut espérer " Etre " un jour, et qu'en s'attachant aux défauts des autres on finit par les imiter et que l'on ne peut voir leurs qualités. Ne pouvant s'inspirer des qualités des autres, on reste " petit ". L'autre ennui de juger et de critiquer est que l'on tombe dans les 8 pièges d'illusion classiques. Enfin, attendu que l'on ne peut valablement juger que ce qui nous est inférieur… il y a de quoi s'étonner d'être entouré de si nombreux " experts charlatans " et " petits juges " cherchant à abaisser les autres pour se sentir en haut de leur pyramide… virtuelle. Egalement, pourquoi rechercher les ennuis puisque si l'on critique et juge… on va automatiquement suggérer aux autres de mieux nous observer et… nous serons inévitablement critiqués (" pour vivre heureux vivons cachés "). Ce qui ne sera jamais à notre avantage (attendu que nous ne serons jamais " parfaits " à leurs yeux).

9. Ne pas être envieux, jaloux, possessif, coléreux.
Ces comportements, sources de " douleurs " (comme on dit en bouddhisme pour les peines et les ennuis) sont également dus à une vision faussée du monde (extérieur) et une fausse échelle de valeurs (échelle de ce qui est le plus important). Ces travers, nés du " sommeil ", proviennent également de régressions négatives (infantiles ou rituel animal) et de la peur. Peur de " perdre un acquis " (pour jalousie et possession) et peur de " perdre une position dominante " (pour la colère). La colère est un signe de " peur ".

10. Ne pas chercher à " progresser " vite.
Tout Homme ignorant, " non éveillé ", a envi de progresser le plus vite possible, parce qu'il croit que sa progression viendra d'acquis nouveaux, supplémentaires.
Or, " tout est à redécouvrir en nous ". Ce n'est pas " ajouter " qu'il faut faire, mais " enlever " (" libérer " ce qui bloque). Le Travail à effectuer est " en creux ", comme " image traditionnelle " on enlève des pelures à un oignon. De toutes façons, on peut réduire le temps de certaines fonctions (en enlevant des blocages) mais on ne peut pas, par la volonté, s'éveiller " vite ", pas plus que l'on ne peut pas… dormir " vite ". En plus, ce ne sont pas les grands efforts qui peuvent nous faire " progresser ", l'autosatisfaction qu'ils entraînent bloque et incite à être irrégulier. Ce sont les petits " gains " quotidiens qui font évoluer " aussi vite que possible " (selon votre détermination, votre persévérance et selon vos dons.)

11. Ne pas rechercher des " pouvoirs " tels que l'efficacité pour être le N°1…
(ce qui est relatif, on est le meilleur parmi des moins bons), chercher la fortune (plus on la voudra plus elle fuira), rechercher des pouvoirs paranormaux (tels que transmission de pensée, transes, lévitation, etc….), la " forme " par doping, drogues etc… chercher à connaître l'avenir par divination, astrologie, magie, etc. Ce genre de " curiosité malsaine " type prouve l'absence d'intuition et de jugement de cause à effet, donc de " sommeil "… et, comme dit l'autre, " je ne suis pas superstitieux parce que ça porte malheur "… ça porte malheur, parce que devenant de plus en plus " endormi " on fait de plus en plus d'erreurs. Des " pouvoirs " peuvent venir grâce à l'Eveil, c'est vrai comme épiphénomène (ce qui s'ajoute à l'Essentiel sans le modifier), mais jamais l'inverse.

12. Ne pas avoir besoin de " communication " avec les autres.
Le besoin de " communiquer ", de parler et la crainte de se retrouver seul avec soi, montrent à quel point on a peur de faire face à ce que l'on est. On veut " communiquer "… faire du bruit, comme dans les poulaillers. Si la plupart des monastères (dans toutes les religions et toutes les cultures), et si les Dojo imposent le silence, c'est qu'il est essentiel. Une chose est certaine, plus l'homme évolue, moins il a besoin de parler (du moins avec les " endormis "). Si bien que l'on a souvent (à un certain stade à la tentation de s'isoler, de devenir ermite. Mais en évitant les chocs de la vie sociale, on peut facilement tomber dans l'illusion d'avoir atteint l'Eveil.

13. Ne pas chercher à " aider " les autres.
Il est stupéfiant de constater que les Hommes les plus endormis ou les moins doués sont toujours ceux qui veulent aider ou conseiller ou rectifier les " erreurs " des autres. Avant d'aider il faut s'aider soi même et Etre. Il faut aussi apprendre quand et comment aider. Il est exact qu'aider c'est " payer " (rendre ce que l'on a fait pour vous) mais on ne doit " aider " que si on vous le demande à plusieurs reprises en insistant. Si on ne vous demande rien, c'est que vous ne devez pas aider. Ce n'est pas une règle absolue, mais je vous suggère de vous méfier de ceux qui veulent vous aider, vous conseiller, ou vous corriger… lorsque vous ne leur avez rien demandé.

(*) Apprendre à se taire :
A propos de " ne plus parler de… ", il me semble important de vous préciser que l'on n'entend pas seulement " ne pas bavarder ", " se taire ", " ne rien dire "… avec sa langue et ses lèvres, mais qu'il ne faut pas non plus verbaliser au fond de la gorge. On doit finir par ne plus parler dans sa tête… si l'on ne veut pas se retrouver, un jour, en train de se parler tout seul, et même de finir schizophrène (un trouble mental qui touche les deux tiers des… fous internés, et les quatre tiers des… emmerdeurs.)
Il ne faut pas, non plus, confondre se taire volontairement (…" mais je n'en pense pas moins ! ") et se taire naturellement parce que l'on n'a plus besoin de faire du bruit avec la bouche.. et que l'on se fiche totalement de ce qui est devenu sans réel intérêt. Cela semble impossible, mais c'est moins difficile qu'il n'y parait à première vue. Bien entendu, il faut s'y exercer et " s'amuser " (en voilà un " jeu " qu'il est bon !) à se créer une " plage de silence mental ", de temps en temps, au Dojo ou dans la rue par exemple, et durant cette " plage " de " vite-plein " être à la fois relaxé et ultra-vigilant (comme les chats le sont), ou regarder tout avec le même œil attentif non critique (sans comparer, sans juger) du petit enfant qui découvre tout. Observer le regard des enfants, pur, attentif, " présent ", lorsqu'ils sont dans leur poussette ou portés dans les bras ; ils voient tout, ils sont fabuleusement observateurs et vigilants… par rapport à vous.

Extrait du site http://www.lesartsmartiaux.com/

mardi 2 août 2005

Les Trente-Six Stratégies du Samouraï

1 - Glisser à travers l'océan en plein jour

Il s'agit ici de créer une apparence trompeuse à même de susciter chez l'ennemi une impression de familiarité. Accoutumé à cette fausse évidence, celui-ci échouera à déceler les manœuvres invisibles du stratège.

2 - Entourer une province pour sauver l'autre

Lorsqu’un groupe puissant est sur le point de défaire un adversaire plus faible, un troisième larron peut lui aussi « prendre sa part du gâteau ». Il se forgera ainsi une excellente réputation en attaquant l’agresseur dans l’intérêt apparent du plus faible, tout en absorbant par surcroît ce dernier, et ceci sans encourir l’opprobre réservée d’ordinaire à une agression directe.

3 - Emprunter un sabre pour tuer l'ennemi

Lorsqu’une des parties en présence faiblit dangereusement, elle peut attirer ses alliés dans la bataille, marquant ainsi un avantage sur son adversaire tout en conservant ses propres forces.

4 - Epuiser l'ennemi sans effort

Obligez les autres à dépenser leur énergie lors même que vous préservez la vôtre. Epuisez vos opposants en les faisant courir partout, ou encore forcez-les à vous attaquer de loin tout en campant fermement sur vos positions.

5 - Plonger à l'intérieur du feu pour commettre un vol

Profitez pleinement des faiblesses de l’adversaire comme autant de chances de succès.

6 - Feinter à l'est, frapper à l'ouest

Répandez de fausses informations sur votre compte, induisez votre adversaire en erreur par des suggestions trompeuses, en vue de l’amener à concentrer ses forces sur un seul front – ce qui rendra ses autres positions vulnérables.

7 - Créer quelque chose à partir de rien

Il s’agit ici d’implanter une idée fausse dans l’esprit de votre adversaire, et de l’y fixer comme une réalité. Faites courir des bruits alarmants sur la formidable puissance de vos troupes et jouissez ainsi d’une sécurité que vous ne sauriez connaître autrement.

8 - Franchir le col dans l'obscurité

Attirez l’ennemi sur un front factice, puis pénétrez sur son territoire par les autres fronts.

9 - Surveiller le feu depuis l'autre rive

Observez calmement les troupes internes déchirant la partie adverse, et attendez qu’elle se détruise d’elle-même.

10 - Dissimuler un sabre derrière un sourire

Insinuez-vous dans les bonnes grâces de l’ennemi, jusqu’à ce qu’il vous fasse pleinement confiance. Lorsqu’il est persuadé de votre bonne foi, attaquez-le par surprise.

11 - Faire tomber un arbre pour en sauver un autre

Des sacrifices individuels se révèlent parfois nécessaires en vue d’atteindre un objectif plus grand.

12 - Tenir le mouton chemin faisant

Saisissez la moindre occasion, fût-elle insignifiante, et profitez pleinement de toutes vos chances, fussent-elles minimes. Un jour – et cette histoire est à l’origine de notre proverbe –, un vagabond famélique marchait sur une route de campagne. Chemin faisant, il croisa un grand troupeau de moutons. Il se faufila au milieu des bêtes et lorsqu’il émergea de cette marée de laine, il tenait un mouton auprès de lui. Il avait agi avec un tel calme et un tel aplomb, comme s’il eût conduit sa propre bête au marché, que le berger ne l’avait même pas remarqué.

13 - Battre l'herbe pour effrayer les serpents

Lorsque vous ne parvenez pas à déceler les intentions de vos adversaires, créez une diversion afin d’observer leurs réactions. Yagyû Munenori fait allusion à cette technique, et observe en outre que le Zen y recourt souvent. A vrai dire, nombre d’histoires zen sont utilisées ainsi par les maîtres afin de juger de la valeur des disciples.

14 - Emprunter un cadavre pour rapporter un esprit

Ce dont chacun se sert, n’en faites pas usage. Servez-vous au contraire de ce que les autres rejettent. Ce qui a été délaissé par négligence, tirez-en parti. Lorsqu’une chose est considérée comme inutile ou sans valeur, cherchez à la sublimer.

15 - Dresser le tigre à quitter les montagnes

N’entrez pas dans le repaire de vos ennemis, mais persuadez-les de le quitter.

16 - Si vous voulez faire des prisonniers, n'acculez pas vos adversaires

S’ils se sentent acculés, des ennemis en fuite peuvent se retourner contre vous et combattre avec l’énergie du désespoir. Si au contraire, vous leur laissez une issue, ils se disperseront et perdront leur énergie. Ils pourront alors être capturés sans violence.

17 - Jeter un carreau émaillé pour rapporter un jade

Offrez un présent sans grande valeur à vos adversaires afin qu’ils dévoilent en retour leurs véritables trésors.

18 - Pour capturer les brigands, capturez leur roi

Lorsque vous êtes confrontés à une opposition massive, portez vos attaques à la tête du commandement.

19 - Retirer le bois sous la marmitte

Lorsque vous êtes incapable de maîtriser directement un adversaire, vous pouvez toutefois l’emporter en ébranlant son moral et en sapant ses ressources.

20 - Remuer l'eau pour attraper les poissons

Tirez parti de la confusion pour atteindre vos objectifs. Si vous décelez la moindre usure dans le pouvoir, rassemblez derrière vous les neutres et les mécontents.

21 - La cigale dorée abandonne sa carapace

Il s’agit ici de laisser derrière soi les faux-semblants créés à des fins stratégiques. Comme la carapace de la cigale, la façade reste intacte, mais la véritable action, elle, se déroule en d’autres lieux.

22 - Fermer les portes pour capturer les bandits

Capturez vos prédateurs en leur interdisant toute retraite. Ne les laissez pas regagner leur territoire avec leur butin. Si toutefois ils parviennent à s’échapper, ne les poursuivez pas, car alors vous deviendriez leur proie.

23 - Se faire des alliés à distance, attaquer à proximité

Lorsque vos adversaires proches se montrent plus menaçants que vos ennemis lointains, vous pouvez vous défendre en déséquilibrant brusquement les premiers, tout en coupant leur retraite en passant une alliance solide avec les seconds.

24 - Demander un droit de passage pour attaquer le voisin

Profitez un temps des forces d’une autre partie afin d’assaillir un ennemi commun. Après avoir défait celui-ci, attaquez alors votre allié provisoire en retournant ses propres forces contre lui.

25 - Voler une poutre pour remplacer un pilier

Essayez de recruter les guerriers les plus talentueux parmi vos alliés, en les persuadant de rejoindre votre cause.

26 - Désigner l'un pour piéger l'autre

Portez vos critiques d’une manière voilée, pour parvenir à vos fins sans confrontation directe.

27 - Feindre l'ignorance en gardant toute sa raison

Affichez un air stupide, mais évitez de parler à tort et à travers.

28 - Laissez-les grimper sur le toit, puis enlevez l'échelle

Manœuvrez vos adversaires jusqu’au point de non-retour en les leurrant sur vos propres forces.

29 - Faire fleurir les arbres

Fascinez et abusez vos ennemis par des apparences trompeuses.

30 - Transformer l'invité en hôte

Laissez faire à l’ennemi votre propre travail.

31 - Comploter avec la beauté

Il s’agit ici d’utiliser les charmes des femmes pour influencer les personnages clés d’une organisation adverse.

32 - Comploter au moyen d'un château vide

Si vous paraissez plus faible que vous ne l’êtes réellement, vos adversaires se détruiront d’eux-mêmes par leurs réactions à votre prétendue faiblesse. Qu’ils se montrent vaniteux jusqu’à la suffisance ou arrogants jusqu’à l’agressivité, ils iront tout droit à leur chute. Et quand bien même croiraient-ils que vous leur tendez un guet-apens qu’ils décamperaient aussitôt !

33 - Comploter avec des agents doubles

Il s’agit ici de compromettre les agents d’autres organisations afin de les forcer à travailler pour votre compte.

34 - Comploter en s'infligeant des blessures volontaires

Cette technique sert tout particulièrement aux agents secrets. Il faut apparaître ici comme une victime de votre propre camp, afin de gagner la sympathie et la confiance de vos ennemis.

35 - Comploter en cercles continus

Lorsque vous êtes confronté à un adversaire plus puissant que vous, résistez passivement et évitez de jeter toutes vos forces dans un seul assaut. Procédez plutôt par attaques simultanées et tourbillonnantes en gardant à l’esprit une stratégie globale.

36 - Il est préférable de fuir

Lorsque vous êtes vaincu, vous cessez le combat. Trois solutions se présentent alors à vous : la reddition, le ralliement ou la fuite. La première correspond à une défaite totale, la seconde à une semi-défaite, et la troisième à une non-défaite. Et si vous évitez la défaite, vous conservez encore une chance de gagner.

Source : La Voie du Samouraï, Pratiques de la stratégie au Japon, Thomas Cleary, Collection Sagesses

samedi 23 juillet 2005

Dessin Combattants Samouraï

samedi 2 juillet 2005

Le sabre : l’âme du guerrier

KEN

« le sabre est par essence l’âme du guerrier, une manifestation de la véritable nature de l’univers. Ainsi quand vous dégainez le sabre, c’est votre âme que vous tenez dans vos mains. Sachez-le, deux guerriers qui se font face en brandissant leur sabre sont comme des flambeaux, ils entrent ensemble, corps et esprit mêlés, dans un monde qu’il faut débarrasser du mensonge et du mal. Celui qui vient pour s’opposer à lui sur le Grand Chemin de la maîtrise du sabre permet au guerrier que la divinité inspire, de faire agir les Principes Universels. Il favorise l’harmonisation de tous les éléments du ciel et de la terre, du corps et de l’esprit, éternelles splendeurs. »

Maître Ueshiba

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Katana

Le Katana remonte au VIIe ou VIIIe siècle et ne se distingue du Tachi que par quelques détails infimes. Même si le terme épée de combat japonaise est courant, le Katana est un sabre qui se porte à gauche, glissé dans la ceinture, le fil dirigé vers le haut. Au moment de l'extraire, la main gauche saisissait le fourreau en le tournant obliquement vers l'extérieur et ce geste était considéré comme extrêmement agressif. Le Katana s'accompagne généralement d'une épée courte, le Wakisashi. Et l'ensemble constitue le Daisho. L'acier ou le fer utilisé pour la fabrication est de qualité supérieure compte tenu des ressources minières. La majorité des Katana sont en acier et fer assemblés moyennant les techniques de la province ou du maître forgeron. On avait recours aux méthodes Wari-ha, Suye-ha et Kata-ha pour les lames ordinaires. Le style le plus courant pour les Katanas de combat était le San-mai et à moindre mesure le Shibo-zume. Tandis que la méthode Nogi-hada était réservée pour les Katanas de prestige et de grande qualité.

Le Ken est le sabre, l'arme du Samouraï, le reflet de son âme, le garde de son corps. En aucun cas, le Samouraï ne se sépare de son Ken.

From http://masterfight.free.fr/

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Proverbes

Sabre et médidation ne font qu'un - Ken Zen Ichi Nyo

L'orgueil peut être comparé à la lame d'un sabre ; elle doit être aiguisée puis réintroduite dans le fourreau - HAGAKURÉ

Le sabre est l'âme du samouraï et l'âme du forgeron est dans la lame

Peu importe la longueur du sabre si l'homme ignore la vertu.

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Tout samuraï digne de ce nom se doit de connaître la différence entre le wakizashi et le katana. Tous deux sont des sabres (en japonais, ken) mais de longueur différente ; le katana est deux fois plus long que le wakizashi. Ensemble, ces deux sabres forment le daïsho, que seuls les samuraïs étaient autorisés à porter. Le tantô, quant à lui, est un mini-sabre (moins de 31 cm). Il nous est plus connu en tant que couteau de cuisine, même si à l'origine son usage n'était pas réservé à la découpe du steak…

Quelle que soit sa longueur, le sabre affiche toujours une belle courbure (ce n'est pas forcément le cas avec l'épée) et il ne tranche que d'un côté. Le samuraï l'utilisait volontiers à deux mains, la main gauche donnant de la puissance pendant que la main droite guidait la trajectoire. Sachez également que le sabre était le dépositaire de l'âme de celui qui le portait. Perdre son sabre était source de déshonneur. Moralité : si vous ne voulez pas passer pour un bouffon au moment de la bataille, ayez toujours votre sabre sur vous, et comme vos authentiques prédécesseurs nippons, n'hésitez pas à dormir avec.

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Traditions & Us et coutumes médiévales Japonaises

 

Chez un ami, un samouraï retire son katana dans la salle d’entrée et le place sur le râtelier prévu à cet effet. Chez un étranger, le samouraï pose son katana devant lui lorsqu’il s’agenouille sur le tatami. S’il est posé sur sa droite, de manière à ne pas pouvoir être dégainé facilement le samouraï affirme implicitement qu’il a confiance en son hôte. S’il la pose sur sa gauche, il laisse entendre qu’il se méfie de son hôte ou que ce dernier doit se méfier de lui. Si l’invité passe dans une autre pièce ou même dans un autre coin de la salle où il se trouve, il emmène son épée. Le wakizashi reste dans son obi, car il est trop court pour le gêner lorsqu’il s’agenouille.

Il est très impoli de poser le katana garde en avant, de manière à ce qu’elle soit face à l’hôte, car cela laisse entendre qu’il est trop maladroit avec cette arme pour s’en emparer et constituer un danger. Il est impoli de la part de l’hôte de porter des épées lorsqu’il reçoit un invité, mais elles se trouvent généralement non loin de là, sur leur râtelier.

Il est très impoli de marcher sur l’épée de quelqu’un au lieu de la contourner ou de la toucher sans la permission de son propriétaire. Les samouraïs dont les fourreaux se touchent par hasard dans les rues encombrées d’une ville dégainent souvent immédiatement et tentent de s’entre-tuer pour effacer l’insulte.

Lorsqu’un samouraï entre dans un théâtre ou dans le quartier des geishas, il laisse ses épées à l’extérieur (à peu prés comme un Occidental laisse son manteau au vestiaire avant d’entrer dans une boîte de nuit).

On parle quelquefois de l’épée d’un samouraï comme de son Âme. Son katana et son wakizashi sont généralement des dons de son seigneur, que ce soit directement ou par l’intermédiaire de l’ancêtre qui les a reçus à l’origine. Perdre son épée ou se la faire voler est une honte qui ne peut être effacée que par le suicide.., ou la récupération de l’arme.

Parmi les Buke, il existe une courtoisie spéciale dans le port et le maniement des deux épées, une marque de rang. Tous les hommes de la caste des Buke ont le droit de porter un Katana et un Wakizashi, le «Daito» et le «Shoto». Portés ensemble, cette paire d’armes est appelée le «Dai-sho»

Tout insulte faite à l’épée est une insulte au porteur de l’arme et ne peut être vengée que par l’utilisation de l’épée. Même toucher le fourreau de l’arme d’un Samouraï est une insulte entraînant un combat. Les rues surpeuplées peuvent alors se transformer en champ de bataille si deux guerriers, dont les fourreaux se sont heurtés quand ils se sont croisés, dégainent leur arme pour venger l’insulte.

Le Katana est porté dans la large ceinture du Buke. Quand il est porté sans intention d’être utilisé, le tranchant de la lame est orienté vers le sol. C’est un signe d’intention pacifique, car dégai­ner en «Iaijutsu», une attaque soudaine, est impossible avec l’arme dans cette position. Porter l’épée avec te tranchant vers le haut est la position normale d’utilisation. Prendre l’arme et la tour­ner en position de combat, en abandonnant la position «paisible», est considéré comme un geste de défi.

En entrant dans une maison, la courtoisie demande que le Samouraï retire le Katana de sa ceinture, toujours dans son fourreau, pour le laisser à l’entrée. Dans les maisons nobles ou riches, une servante attend à la porte pour recevoir les armes. Celles-ci sont rangées dans un râtelier spécial, et sont rendues à leur pos­sesseur quand il part. Dans une maison amie, un visiteur retira son Wakizashi quand il s’assoit face à son hôte, le posant à côté de lui. Dans une maison où la situation est plus tendue, l’invité garde son arme la plus courte.

En présence d’un Daimyo, seuls ses gardes personnels et ses fidèles les plus éprouvés ont le droit de garder leur Katana. Une des plus grandes marques de confiance qu’un Daimyo peut accorder est le droit de venir en sa présence en étant complètement armé.

From http://gctm.free.fr/bushido/jpcoutumes.htm

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Le sabre

Le sabre japonais est intimement lié à l’histoire du Japon féodal, car il est le symbole même du samouraï. Il a subi de nombreuses transformations au cours de son évolution, pour donner un instrument remarquable par ses qualités.

En effet, le caractère exceptionnel du sabre japonais, par rapport aux autres sabres traditionnels que l’on peut trouver aux quatre coins du monde, réside dans le fait que les fabricants japonais ont su concilier trois notions opposées mais importantes pour faire un bon sabre, c’est-à-dire la rigidité, la robustesse, et la finesse de la coupe. La robustesse implique l’utilisation d’un métal léger mais solide, comme le fer, tandis que la rigidité et la capacité de coupe sont maximales avec l’emploi d’acier bien dur. Les forgerons japonais ont su harmoniser ces caractères pour donner un type de sabre remarquable.
La fabrication traditionnelle d’un sabre japonais revêt une dimension religieuse très forte, car elle est ponctuée par de nombreux rites shintoïstes de purification que pratique le fabricant. En effet, le sabre, au Japon, possède un statut presque spirituel; il est sensé avoir une âme, qui lui a été insufflée par l’artisan, d’où l’importance de ces rites.

Ainsi, on dit que les sabres ne se comportent pas tous de la même manière. Celui qui les manie peut leur trouver un « caractère » bien spécial, déterminé en fonction non seulement du degré d’habileté du forgeron, mais aussi de son niveau spirituel. Il existe plusieurs types de sabres, variant par leur forme et leur longueur :

Le Tachi

Le Katana

Le Wakizacki

Pour les entraînements en club, on utilise généralement un bokken - un sabre de bois - de mêmes caractéristiques qu’un véritable sabre (outre son tranchant, bien sûr). Notons que cela ne signifie pas qu’il soit inoffensif, puisqu’il pouvait à l’occasion être utilisé en combat réel. Le Fondateur s’est énormément intéressé à la pratique du sabre dans l’aïkido. C’est surtout après la 2e Guerre Mondiale qu’il a développé cette pratique, alors qu’il s’était retiré à Iwama.

La connaissance du sabre est en effet très importante, car elle peut directement influencer la pratique à mains nues. Beaucoup de mouvements à mains nues sont issus de l’art du sabre, et une compréhension profonde de techniques, comme par exemple shihonage, ne peut se faire sans la perception d’une étroite liaison avec le mouvement d’un sabre que l’on tiendrait en même temps que l’on exécute le mouvement. Dans la pratique de l’aïkido comme dans d’autres arts martiaux, toute arme ne constitue qu’une prolongation des membres naturels du corps. Il en est de même pour le sabre, qui, bien intégré dans la pratique, revêt une dimension spirituelle importante.

Selon Maître Ueshiba, « le sabre est par essence l’âme du guerrier, une manifestation de la véritable nature de l’univers. Ainsi quand vous dégainez le sabre, c’est votre âme que vous tenez dans vos mains. Sachez-le, deux guerriers qui se font face en brandissant leur sabre sont comme des flambeaux, ils entrent ensemble, corps et esprit mêlés, dans un monde qu’il faut débarrasser du mensonge et du mal. Celui qui vient pour s’opposer à lui sur le Grand Chemin de la maîtrise du sabre permet au guerrier que la divinité inspire, de faire agir les Principes Universels. Il favorise l’harmonisation de tous les éléments du ciel et de la terre, du corps et de l’esprit, éternelles splendeurs. »

C’est également un excellent moyen pour se sensibiliser à la notion de maai et de deai, c’est-à-dire la gestion de l’espace-temps qui sépare les deux adversaires.

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"Le sabre est mon refuge. Chaque fois que ma passion menace
de me submerger, je me force à retourner dans l'univers
du sabre. C'est ma destinée, Otsu. Je suis déchiré entre
l'amour et l'autodiscipline. Il semble que je suive deux voies
à la fois. Pourtant, lorsque les voies divergent, invariablement
je parviens à me maintenir sur la bonne... Je me connais mieux
que personne d'autre ne me connaît. Je ne suis ni un génie,
ni un grand homme."

Miyamoto Musashi à Otsu dans La Pierre et le sabre

Bushidô

INTRO

Un jour, un samourai se trouva sous une terrible averse. Alors qu'on lui offrait de quoi se protéger de la pluie, il refusa en disant : « c'est une pluie de Printemps : qu'elle me mouille donc.» Le « do » de « Bushido » est le même que celui de Judo, Kendo ou Aikido. Il signifie : « voie », « chemin ». « Bushido » signifie par conséquent : le chemin du samourai, la voie du guerrier. Cela peut sembler curieux, mais se laisser tremper par une averse printanière fait également partie du Bushido. Le Bushido est une discipline mentale très stricte qui consiste à vivre de la manière jugée correcte par les samourai. En d'autres termes, il s'agit de vivre comme un guerrier, en temps de paix.

DEFINITION

Bu : martial
Shi : guerrier
Do : la voie

Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est ént que cet idéal n’était atteint que très rarement.

D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).

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Le code moral est un condensé du BUSHIDO (la voie du guerrier), code d'honneur et de morale traditionnelle qui régit l'ensemble des arts martiaux.

Honneur et fidélité sont les deux vertus les plus marquantes de cette morale, mais aussi loyauté, droiture, courage, bonté et bienveillance, sincérité, respect et politesse, modestie et humilité, et, en toutes circonstances, contrôle de soi.

Le devoir de chacun, qu'il soit pratiquant, dirigeant ou enseignant est de s’imprégner de ces principes afin d’être un exemple vivant. Il devra être un ambassadeur de la discipline et de l'esprit auquel il se réfère.

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LES 9 VERTUS DU BUSHIDO

L'HONNEUR - MEIYO

C’est la qualité essentielle. Nul ne peut se prétendre Budoka (guerrier au sens noble du terme) s'il n'a pas une conduite honorable. Du sens de l'honneur découlent toutes les autre vertus. il exige le respect du code moral et la poursuite d'un idéal, de manière à toujours avoir un comportement digne et respectable. il conditionne notre attitude et manière d'être vis à vis des autres.

LA FIDELITE - CHUJITSU

Il n'y a pas d'honneur sans fidélité et loyauté à l'égard de certain idéaux et de ceux qui les partagent. La fidélité symbolise la nécessité incontournable de tenir ses promesses et remplir ses engagements. La fidélité nécessite la sincérité dans les paroles et dans les actes.

LA SINCERITE - SEIJITSU

Le mensonge et l'équivoque engendrent la suspicion qui est la: source de toutes les désunions. Dans les Arts Martiaux, le salut est l'expression de cette sincérité, c'est le signe de celui qui ne déguise ni ses sentiments, ni ses pensées, de celui qui sait être authentique.

LE COURAGE - YUUKI

 

La force d'âme qui fait braver le danger et la souffrance s'appelle le courage. Ce courage qui nous pousse à faire respecter, en toutes circonstances, ce qui nous paraît juste, et qui nous permet, malgré nos peurs et nos craintes, d'affronter toutes les épreuves. La bravoure, l'ardeur et surtout la volonté sont les supports de ce courage.

LA BONTE ET LA BIENVEILLANCE - SHINSETSU

La bonté et la bienveillance sont des marques de courage qui dénotent une haute humanité. Elles nous poussent à l'entraide, à être attentif à notre prochain et à notre environnement, à être respectueux de la vie.

LA MODESTIE ET L'HUMILITE - KEN

La bonté et la bienveillance ne peuvent s'exprimer sincèrement sans modération dans l'appréciation de soi-même. Savoir être humble, exempt d'orgueil et de vanité, sans faux-semblant est le seul garant de la modestie.

LA DROITURE - TADASHI

C'est suivre la ligne du devoir et ne jamais s'en écarter. Loyauté, honnêteté et sincérité sont les piliers de cette droiture. Elles nous permettent de prendre sans aucune faiblesse une décision juste et raisonnable. La droiture engendre le respect à 1'égard des autres et de la part des autres. La politesse et l'expression de ce respect dû à autrui.

LE RESPECT - SONCHOO

Quelles que soient ses qualités, ses faiblesses ou sa position sociale. Savoir traiter les personnes et les choses avec déférence et respecter le sacré est le premier devoir d'un Budoka car cela permet d'éviter de nombreuses querelles et conflits.

LE CONTROLE DE SOI - SEIGYO

Cela doit être la qualité essentielle de toute ceinture noire. il représente la possibilité de maîtriser nos sentiments, nos pulsions et de contrôler notre instinct. C'est l'un des principaux objectifs de la pratique des Arts Martiaux car, il conditionne toute notre efficacité. Le code d'honneur et de la morale traditionnelle enseignée dans les discipline du Bushido est basé sur l'acquisition de cette maîtrise.

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Quelques règles de vie :

  • Le vrai courage consiste à vivre quand il est juste de vivre, à mourir quand il est juste de mourir.
  • Il faut songer à la mort avec la conscience vive de ce qu'exige l'honneur d'un samuraï, peser chaque parole avant de la prononcer, se demander avant de répondre si ce que l'on a à dire est vrai.
  • Manger avec modération, éviter la volupté.
  • Après les tâches quotidiennes, se souvenir du mot Mort, ne pas faillir de le mettre en son coeur.
  • Un homme qui méconnaît la vertu n'est pas un samuraï. Pour tout homme, les parents sont comme la tige de son propre corps, lui-même est branche consanguine de ses parents.
  • Respecter la règle de la tige et de branches ; l'oublier, c'est ne jamais parvenir à comprendre ce qu'est la vertu. - Un samuraï se conduira en fils et en sujet fidèle. Il ne quittera pas son suzerain, quand bien même le nombre de ses sujets passerait de cent à dix, de dix à un.
  • En temps de guerre, le témoignage de sa loyauté consistera à se porter s'il le faut au-devant des flèches ennemies sans faire cas de sa vie.
  • Loyauté, esprit de justice, bravoure sont les trois vertus naturelles du samuraï.
  • Un samuraï, où qu'il dorme, ne doit pas mettre les jambes dans la direction du logement de son suzerain. De même, quand il s'exerce au tir à l'arc, il ne doit pas pointer ni lancer sa flèche dans la direction de son suzerain, ou encore quand il pose sa lance.
  • Le faucon ne pique pas les épis, même quand il meurt de faim. De même un samuraï se servant d'un cure-dents fera-t-il semblant de s'être régalé, même quand il n'a pas mangé.
  • Si à la guerre un samuraï perd le combat et s'il est obligé de livrer sa tête, il manifestera hardiment son nom à l'appel de l'ennemi et mourra en souriant, sans aucune vile allure.
  • Etant gravement blessé, si gravement qu'aucune opération chirurgicale ne puisse le guérir, il parlera correctement devant ses supérieurs et ses pairs et mourra avec sang-froid, se rendant bien compte de l'état de sa blessure.
  • Un samuraï qui ne serait que fort n'est pas admissible. Sans parler de la nécessité des études en science, il faut qu'il profite de ses loisirs pour s'exercer à la poésie et comprendre la cérémonie du thé.

Matsu Tsuko

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POUR ALLER PLUS LOIN

Ravale ton orgueil, et ne laisse pas tes sentiments te trahir

« Utilise un cure dents même quand ton estomac est vide ». Un proverbe qui signifie à peu près la même chose que : « il vaut mieux se coucher sans souper que se réveiller endetté.» Etre pauvre n'était pas considéré comme honteux par les samourai : en fait, les samourait riches représentaient plus l'exception que la règle. Mais avoir l'air pauvre était un motif de honte. Il en va de même des émotions : le samourai ne pleure pas, à moins que sa mère ou son père ne meure. Il n'exprime pas ouvertement ses sentiments, et n'embarrasse jamais les autres en le faisant. Un samourai ne se pardonnerait jamais de susciter la pitié chez autrui.

Sois prêt au combat, partout, toujours

On dit qu'il existait un samourai qui était si pauvre qu'il devait travailler dans les champs pour gagner sa vie. Cependant, il portait toujours son épée et ses jambières : ainsi, si l'on faisait appel à lui, il n'avait pas besoin d'aller chercher son équipement. Un samourai est un soldat avant tout, où qu'il soit, et à chaque instant. Ne dormez pas avec le bras gauche sous le corps ( ou le droit, si vous êtes gaucher ). Si on vous attaque dans votre lit, vous pouvez éviter le premier coup avec le bras gauche, avant de saisir votre arme avec votre main dominante. ET n'oubliez pas de vérifier qu'il existe une sortie de secours avant de vous endormir dans une auberge ou un relais.

L'argent est sale

L'argent est une chose répugnante pour le samourai. L'évoquer simplement, ou même y penser est un comportement indigne. Désirer gagner de l'argent est hors de question. Une fois qu'on a de l'argent, on en veut plus, et on a peur de perdre ce que l'on a déjà. On s'attache alors à l'argent, et même à la vie… Dans de telles dispositions, on ne peut plus combattre bravement, et ce qui est pire : on peut perdre une occasion de mourir quand cela est requis. Les samourai ne devraient jamais avoir plus que le strict minimum.

Sois mort

« Le Bushido enseigne comment mourir ». C'est sans doute exact, mais il est toujours dangereux de simplifier. Le Bushido, ce n'est pas une course à la mort. L'un des tabous du samourai est l'égoïsme. Il faut se séparer de bien des choses, de l'argent, et parfois même de sa famille, si l'on décide de vivre sans désir. Et la dernière chose que l'on perd, c'est soi-même. On dit qu'un samourai avait l'habitude d'imaginer sa mort chaque nuit avant de se coucher. Il essayait de s'accoutumer à la mort petit à petit. Après quelques années, il était « mentalement mort » : les ennemis le craignaient plus que tout autre, car un cadavre n'a pas peur de mourir. Un samourai peut choisir de mourir sans la moindre hésitation plutôt que de ternir son nom. Mais il ne s'agit en aucun cas de mépris de la mort, ni d'une attitude de déni. Le samourai, comme tout autre, peut très bien avoir peur de la mort. Malgré cela, il n'hésite pas à donner sa vie. La manière de mourir, l'art de mourir, était le même que l'art de vivre pour le samourai. Si tu veux être samourai, sois mort, tout en continuant à jouir de la vie.

La voie du samourai est un long chemin...

Quatre Budo : Pour atteindre l'essence des Arts Martiaux Japonais

Le terme de Budô (voie martiale) est récent au Japon, puisqu'il date de l'ère Meiji (1868-1912). Il désigne la recherche de la maîtrise d'une arme, non plus pour tuer, mais pour purifier son propre cœur et être en paix avec soi-même, les autres et la Nature. Le Budô inverse la fonction première de l'arme qui, de vecteur de mort, devient vecteur de vie.

Chacune de ces disciplines vise à nous faire comprendre ce que le bouddhisme zen nomme " l'ici et maintenant ". Leur portée va donc bien au-delà de leur lieu de pratique (le dôjo), et s'étend à l'existence même du pratiquant.

Nous aurons l'occasion de voir quatre Budô qui, pour certains, sont quasiment inconnus en France (notamment le Kyûdô, ou voie de l'arc) alors qu'ils jouissent au Japon d'un grand prestige.

Disciplines présentées : le Jodô où deux personnes, l'une armée d'un bâton, l'autre d'un sabre, exécutent des formes. Le Iaïdô, qui se pratique seul avec un sabre. C'est l'art de trancher en dégainant, aussi bien nos propres illusions qu'un adversaire imaginaire. Le Kendô, qui se pratique en armure avec un sabre en bambou (le shinaï) entre deux personnes. Et le Kyûdô : quand la justesse du tir est l'expression de l'unité intérieure, entre le corps, la pensée, et l'univers.


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